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Les arts martiaux en Tunisie : Petit dragon deviendra grand
Art et harmonie : Ahmed Touati, élève direct de maître Noro, introduira l’aïkido en Tunisie.Il s’agit d’une discipline un peu a part dans la mesure où la vitesse et la puissance pure sont délaissées, en faveur d’une recherche à forte teneur spirituelle. Selon Souheil M’rad instructeur d’aïkido, « la richesse de l’aïkido est insoupçonnée. Ce n’est pas un sport de combat comme il en existe tant, mais un art martial traditionnel, où la compétition est absente. Le but c’est d’annihiler l’agression sans pour autant user de violence. Il s’agit de dissuader les attaques par une attitude calme. Mais il ne faut pas s’y tromper : Les techniques les plus élégantes peuvent aussi être d’une redoutable efficacité. Encore faut-il pratiquer assidûment, car en aïkido la recherche dure toute une vie. Avec plus de 300 pratiquants dans 17 clubs, repartis sur le Grand Tunis, Sousse,,, et Mahdia. A noter que cet art martial semble attirer plutôt les intellectuels et ne se préoccupe pas des questions d’âge, de poids, ni même de condition physique. Maître René Trognon, venu en Tunisie en 1994,pour enseigner le Français au titre de coopèrent, a été le professeur de l’écrasante majorité des entraîneurs de l’aïkido en Tunisie. Il nous révèle : « cela fait 45 ans que je vis dans et par l’art de l’aikido .Comme pratiquant et puis professeur enfin comme formateur de cadres. Il était impensable lors de son séjour en Tunisie de ne pas pratiquer. La seule solution était de créer un club puis former des professeurs. Je crois beaucoup en la valeur de l’aïkido pour former un homme droit, fort et libre. Il m’a tout donné ». L’énergie le fameux « KI » des japonais, ce Graal que des générations de pratiquants recherchent, et que l’aikidokas convoitent est-ce une légende ?… | |||||
La voie de l’harmonie bien présente en Tunisie
Maître trognon ,6ème dan a dirigé deux stages d’aïkido dans notre pays. L’un du 10 au 12 avril à hammam Sousse. Le second a eu lieu à Tunis même du 15 au 17 courrant. Plus de 80 participants venus des quatre coins de la Tunisie, du Maroc, d’Algérie et même de la Bulgarie se sont retrouvés sur les tatamis. Aïkido la voie de l’harmonie des énergies. Énième Sport de combat pour des jeunes en mal défoulement ? Non, répond catégoriquement maître rené trognon, 6éme dan. « en aïkido, il ne s’agit pas de détruire l’adversaire, mais le contrôler pour l’amener à de meilleurs sentiments ! Le convaincre doucement mais fermement que l’agressivité ne mène a rien.» comment ? Par des clés de bras, des projections, qui mettent en œuvre des techniques très sophistiquées, mais sacrement efficaces ! Il s’agit de dèvlopper au plus haut niveau le sens de la distance (Maâi, en japonais), et des déplacements (Tai Sabaki) .L’agresseur est quasiment aspiré par les mouvements souvent en spirale crées par le pratiquant. Stage d’aïkido en Tunisie Plus de 80 aïkidokas étaient présents à deux stages, à hammam Sousse puis à Tunis, organisés par l’association tunisienne des arts martiaux et affinitaires (ATAMA) présidée et fondée par Mr Naoufel Chaara …le 12 avril dernier, il a ete décidé de créer une commission aïkido au sein de cette association pour veiller au développement de cet art en Tunisie L’aïkido séduit un public tunisien en pleine expansion, comme on a pu le constater au cours de ces stages. Les participants sont venus de toute la Tunisie, et certains ont fait même le déplacement d’Algérie. Le pratiquant bulgare côtoyait le marocain, et tous s’entraîner sous le regard expert de maître René Trognon, « fier de ses élèves et du travail accompli » ! Venu en Tunisie en tant que professeur de français à Bourguiba School, il profite d’un séjour de six ans pour former une vingtaine de ceintures noires. Les élèves se sont montrés dignes du maître, puisque ils ont su prendre la relève, et susciter de nouvelles vocations d’aïkidokas ! Certains parmi les plus avancés, ont même passé des examens dan. Ils recevront les diplômes de l’Aikikai (l’organisation faîtière japonaise) que maître Trognon représente. Un art martial traditionnel si dans nombreux sports de combats la violence prédomine, en aïkido, il s’agit avant tout de garder un esprit serein quelques soient les circonstances. L’importance accordée au geste juste la posture correcte ainsi qu’à la respiration, fait que la pratique assidue de l’aïkido améliore grandement les capacités de concentrations, et agit très efficacement contre le stress de la vie moderne. « C’est d’abord par son attitude sereine mais martiale que l’aikidika doit pouvoir dissuader toute agression ! » rappelle maître trognon. La compétition ? Il n’y en a plus. L’esprit d’entraide, et l’harmonie doivent primer. « Il s’agit d’un art martial traditionnel, descendant du noble art des samouraïs nippons, rénové et enrichi par O Sensei Ueshiba » affirme Souheil M’rad,professeur d’aïkido et responsable de sa promotion en Tunisie. Alors ne soyez pas étonnés de voir les élèves brandir des sabres, des bâtons, et même des poignards ! Toutes les techniques à mains nues de l’aïkido dérivent effectivement des techniques du sabre japonais, autrefois réservé à l’aristocratie guerrière. Pour les plus septiques, il faudrait peut-être rappeler que les exploits de Steven Segal au cinéma, eh bien c’est aussi de l’aïkido! | |||||
L'aïkido, art de la non-violence
Cette discipline japonaise n'est pas un sport, mais un ensemble de formes, de simulacres de conflits, visant à domestiquer la violence. Ses adeptes sont plus nombreux en France qu'au Japon.
Comme souvent dans les arts martiaux, cela commence par un salut au kamiza, la place d'honneur, où figure la photographie du fondateur : Morihei Ueshiba, un vieil homme à barbiche, zen et droit, qu'on appelle grand professeur (O sensei). Puis on salue l'autre maître, celui du dojo, qui va transmettre à son tour, donc montrer la voie (do). Sur le tapis, il est alors question de formes, de prises assez compliquées pour le non-initié, et toutes nommées en japonais. Elles s'enchaînent, comme des dialogues, entre deux aïkidokas. Car cet art martial n'a de sens et de pratique qu'à deux - partenaires, et non adversaires. Ce n'est pas un sport - il n'existe aucune compétition -, plutôt une affaire de relation, de communication. ! Des couples en noir et blanc s'agrippent maintenant sur le tapis : blanc des kimonos, noir des hakamas, amples tuniques passées sur les pantalons. L'ensemble évoque une danse très codifiée, un jeu de prises et d'esquives, ponctué de chutes. Cela peut se pratiquer à terre ou debout, à mains nues ou avec un sabre (ken), un bâton (jo), voire un couteau (tanto), armes généralement sculptées dans le bois. Le terme aïkido pourrait se traduire par "voie (do) de l'harmonisation (aï) du souffle vital (ki)", "voie de l'unification des énergies", ou bien "voie de l'harmonisation par le ki". Le mouvement est perpétuel : Uke, c'est-à-dire l'attaquant, s'avance vers Tori, celui qui se défend. Uke s'engage, Tori absorbe l'attaque, l'enveloppe et, selon la technique, renvoie l'énergie à Uke, qui chute. Ils étaient plus de deux mille à honorer ainsi leur art, samedi 7 et dimanche 8 février, dans l'une des salles du stade Charléty, à Paris. Ils formaient comme une marée humaine, ! agitée par paquets. A intervalles réguliers, la houle creusait un espace et les regards basculaient vers un homme aux cheveux de cendres, un Japonais âgé d'une cinquantaine d'années : Moriteru Ueshiba, petit-fils du fondateur de l'aïkido et actuel doshu, c'est-à-dire "gardien de la forme", donc de l'art, et porte-parole de la "voie". On est doshu de père en fils. "C'est une charge, une responsabilité", dit sobrement Moriteru Ueshiba. Sorti de la neutralité vestimentaire du kimono, le maître est d'une rare élégance. Stature fine et altière, décontraction, sourire, costume croisé et pull à col roulé, il a tout du prince, du gentleman. Rien ne paraît le troubler. "Le doshu, c'est un peu comme la reine d'Angleterre", assure Christian Tissier, 53 ans, 7e dan, l'un des plus haut gradés français. Autrement dit, le doshu est un académicien, un référent. Car l'aïkido paraît d'abord être un langage, dont le gardien préserve en quelque sorte la grammaire et l'alphabet. Selon M. Tissi! er, "c'est l'une de ces disciplines japonaises qui, comme les arrangements floraux ou la cérémonie du thé, projettent à travers un support - ici le corps - un idéal de pureté". Ancien militaire adepte du jujitsu, Morihei Ueshiba (1881-1969) fut envoyé pendant la guerre russo-japonaise, en 1904, sur le front de Mandchourie et façonna très progressivement l'aïkido, art martial de défense, à partir des années 1920. Notamment inspirée des combats de sabre, mais d'essence non violente - donc en rupture avec l'esprit guerrier d'avant Hiroshima - la discipline fut, après la seconde guerre mondiale, le premier des arts martiaux à être autorisé par les Américains. Alliant maîtrise du corps et engagement spirituel, la pratique consiste essentiellement à se défaire d'une prise de main, à projeter l'attaquant au sol en retournant contre lui sa force, et à l'immobiliser en sollicitant ses articulations. Il existerait ainsi plusieurs centaines de formes, jouant sur l'esprit de décision, la connaissance de l'anatomie et la rapidité des réflexes. On compterait au monde un million de pratiquants, de tous âges, de toutes catégories socioprofessionnelles et culturelles. Ils seraient environ 60 000 en France, c'est-à-dire davantage qu'au Japon, pourtant plus peuplé, répartis à parts égales entre deux fédérations rivales : la Fédération française d'aïkido, aïkibudo et affinitaires (FFAAA, aikido.com.fr) et la Fédération française d'aïkido et de budo (FFAB, ffab-aikido.fr). Deux entités que le ministère de la jeunesse et des sports souhaiterait, dans un proche avenir, voir mieux unies. Introduit en France dans les années 1950, l'aïkido s'est longtemps développé sous l'aile protectrice de la Fédération de judo, profitant de la venue de quelques apôtres japonais et de l'intérêt d'un précurseur français, André Noquet. Appréhendée parfois comme une forme de judo supérieur, ésotérique, la discipline a connu un essor important au début des anné! es 1980. D'une part, sous l'influence de l'un des disciples directs du fondateur, Nobuyoshi Tamura, 8e dan (branche FFAB). D'autre part, sous la houlette d'une poignée de jeunes professeurs français (aujourd'hui branche FFAAA), qui étaient partis à l'aventure, dans les années 1970, alors que d'autres rêvaient d'Inde ou de Népal, pour se former pendant six ou sept ans à l'aïkikai, l'école de Tokyo. "J'avais découvert l'aïkido un peu par hasard en 1962, à 11 ans", confie l'un de ces pionniers, Christian Tissier. Ce fils d'ouvrier, aujourd'hui shihan (grand maître), faisait un peu de judo à l'Alhambra, la salle parisienne où se produisait autrefois Maurice Chevallier. "Il y avait le costume... et il n'y avait pas besoin de force, c'est cela qui m'intéressait." Bernard Palmier, 6e dan, découvrit quant à lui l'aïkido dans un baraquement de patronage : "Il y avait cette notion de non-violence, l'ambiguïté entre l'idée d'art martial et celle de paix et d'amour. C'était très beau, t! rès efficace." "Un mélange curieux de complicité et de rivalité", ajoute Franck Noël, 6e dan, issu de la même génération. Pourquoi, ensuite, un tel engouement ? "Le Japon et la France sont deux pays de tradition", rappelle M. Tissier. Il en ressortirait quelques ponts, des résonances. "En pleine crise économique des années 1970, raconte Arnaud Waltz, 5e dan, qui enseigne à Drancy (Seine-Saint-Denis), l'aïkido s'intégrait dans un mouvement de contre-culture, attiré par le modèle oriental, la gestion du stress, les discours sur la circulation d'énergie." Et puis il y eut, pour adaptation à l'esprit français, Christian Tissier : "C'est le Descartes de l'aïkido, commente M. Waltz. Il a tout rationalisé. Avec lui, une forme est devenue une ligne, une rotation, une vitesse. Tout a eu un sens, tout a pu être justifié." L'enseignement de Christian Tissier aurait donc été comme une porte d'entrée, une traduction de ce que le monde japonais exprime généralement par métaph! ore ; une mise en raison, comme il y aura plus tard une mise en mots intuitive et poétique par Franck Noël dans un recueil de textes intitulé Fragments de dialogue à deux inconnues. Depuis, le profil des aïkidokas paraît avoir changé, même si les intentions premières restent balancées, comme la pratique, entre la recherche personnelle d'un développement physique et celle d'une évolution mentale. Car qu'est-ce au fond que l'aïkido ? Chacun livre sa vérité. "Une discipline d'éducation globale qui utilise les apparences du self defense", suggère Franck Noël. "Une école de rigueur et d'exigence qu'impose la martialité", estime Bernard Palmier. Tout compte fait : "Cinq pour cent de travail spirituel et 95 % de sueur." De fait, les pratiquants - essentiellement adultes - s'adonnent à leur passion deux heures par semaine au minimum, sans compter les stages le week-end, et cela pendant plusieurs années, si ce n'est toute une vie. Par essence, l'aïkido touche à la violence, ou! plutôt à sa représentation. C'est un modèle pour l'exprimer, qui doit aussi permettre d'en réguler la peur. Il s'agit donc, expliquent les maîtres, de la représentation d'un conflit que l'on va chercher à résoudre harmonieusement, en utilisant des principes naturels : le travail sur la posture (centrage, verticalité), la technique (économie dans les mouvements, efficacité), la distance (vision correcte), la notion de respect de l'autre et d'intégrité. "En fait, poursuit M. Waltz, qui enseigne en faculté et mène une thèse en sciences de l'éducation sur les effets de la catégorisation des enfants difficiles, cette simulation de la violence est d'abord une construction à deux. Deux agressivités se rencontrent, et cela débouche sur l'émergence d'une forme, une technique." Il y a de l'art dans l'air. Et vice versa. Dans un texte lisible à l'aïkikai de Tokyo, il est écrit que "l'aïkido vise à améliorer les relations sociales". "Cela ne va pas sans ambiguïté !", note Franck! Noël, tant la motivation première des nouveaux pratiquants serait plutôt, semble-t-il, le développement personnel. Mais est-ce antinomique pour autant ? "Les raisons qui poussent les gens à venir à l'aïkido, constate M. Noël, ne sont généralement pas les mêmes que celles qui font que, plus tard, ils continuent..." Au dojo parisien de M. Palmier, la discipline a provoqué ou, le plus souvent, accompagné une prise de conscience et des changements personnels chez les aïkidokas. Alain, 52 ans, 3e dan, vient ainsi d'effectuer un virage professionnel à 180°, hier dans les mignonnettes de parfum, aujourd'hui dans l'éducation spécialisée : "Avec le temps, il peut y avoir un déclic. L'aïkido me permet de ressentir des millions de choses sans parler." Andrea, cinq ans de pratique, a quitté la danse professionnelle et trouvé une autre dimension : "Les danseurs évoluent tous sur une même longueur d'onde, dit-elle. En aïkido, c'est chaque relation qui vit son propre espace-temp! s". Jean-Marc : "C'est comme un dialogue, il y a ceux qui acceptent de négocier et ceux qui n'acceptent pas. Et puis il y a la notion de plaisir." Enfin, Frantz, ancien élève qui anime son propre dojo, informaticien de 48 ans devenu consultant : "J'ai plus à apprendre maintenant des hommes que des machines. Quand quelqu'un fait une erreur, il est préférable de travailler avec celle-ci que de la lui reprocher. Pour cela, l'aïkido est une voie, un moyen." Bernard Palmier, consultant en ressources humaines, explique comment certains concepts trouvent écho dans la vie courante. Selon lui, l'aïkido serait l'art "de se remettre en cause tout en confortant ses racines, de s'affirmer tout en s'ouvrant aux autres et en les respectant". "En aïkido, assure-t-il, il n'y a pas de perdant. C'est toujours une stratégie gagnant-gagnant." Toute relation implique cependant des enjeux de pouvoir. "Le pouvoir, remarque Josette Nickels, 4e dan, qui enseigne à Châtillon-sous-Bagneux (Hauts-de-Seine), il faut le prouver chaque fois sur le tapis ! Dans d'autres arts martiaux, vous pouvez être champion du monde et le rester toute votre vie, là non !" Sans titre de gloire, le pouvoir est éphémère, sauf à glorifier les grades. Alors, les dissensions s'expriment de manière différente. Par exemple, dans des rivalités non dites - entre écoles, entre enseignants, entre fédérations. On subodore également quelques querelles de presque gourous ou une presque querelle de modernes et d'anciens. L'actuel doshu lui-même ne ferait pas l'unanimité. Enfin, comme dans tout groupe structuré autour d'une discipline et d'une personnalité, il reste l'apparence sectaire. Sur ce point, Franck Noël corrige : "Le salut à la photo du fondateur Ueshiba n'est pas à prendre comme un élément de culte de la personnalité. Il faut y voir une image de la discipline : chacun affirme les efforts qu'il va consentir pour aller dans la direction, la voie montrée par le maître. ! Bien sûr, il y a là quelque chose de l'ordre du sacré, une aspiration collective, une référence ultime, dont les pratiquants ne sont d'ailleurs pas toujours conscients." Parfois, la photo du fondateur laisse place à un simple miroir shinto. Arnaud Waltz : "On y voit ce que l'on est, ce que l'on va devenir." Alors, c'est immuable, tous se resserrent, à genoux, en rang face au maître, kimono rajusté. De sorte que cela finit, comme toujours, par un salut au kamiza
Joe Curran Overwhelmed by
Tunisian hospitality Such was the enthusiam that even
the egyptian police tumed up for the first Tunisian international summer
school.
This group is under the technical direction of Rene Trognon , 6th dan , a well respected long time French aikidoka. The principal instructors in sousse are Nabil Ben Kahla,2nd dan, the association president, and Souheil Mrad, who initiated the courses. This planned course was the first international summer school held in Tunisia. Along with one of my students, Vassilis Glennis, 4th kyu , I set out for Tunisia in July and arrived there in the early hours of the morning. We were met by a large contingent of Tunisian aikidoka and during the next couple of days prior to the course we had the opportunity to get well acquainted with all the students both on and off the tatami. When the course finally started, we met all the various groups. Apart from the Tunisians , there was a large contingent led by Hasseine sensei , 5th dan, from Algeria , an Iwama Ryu practitioner . In attendance were members of Egyptian police force , led by Med El Sayed Moussa,4th dan and Naoufel Chaara 3th dan from Tunis . Chaara sensei is also heavyweight champion of Karate. During the training , undertaken in very extreme conditions ( 38°C – 45°C) we worked during the day for three to four hours. The main thrust of the courses was to introduce the methods of Chiba sensei to the group. With this in mind I naturally stressed the value of sound basics and paid close attention to areas of posture, contact and ukemi. As you may well gather,with a strong element of iwama ryu in the group’s weapon work background, the students were eager to learn some Chiba sensei related work. Everyone conducted themselves with enthusiasm and energy. We in Britain I feel are inclined to take our aikido for granted and in this case, the new group were fresh, with eager minds. In between practice as visitors we were treated with great courtesy and warmth by the members. We were warmly greeted at a civic reception by president Daouas of JCI, a Tunisian Community Project group. One other memorable social event was an invitation to the wedding reception of ben kahla’s brother, where we met his family and friends. This gave Vassilis and myself the opportunity to enjoy the wonderful Tunisian music and get our dancing shoes out of mothballs. Again we were treated in the warmest manner. In conclusion I would like to state that I was extremely impressed by the manner and attitude of all who attended the course. What impressed me was the fact that everyone was doing his/her best and the atmosphere generated over the week was one of good will and sheer enjoyment. As an emerging group , led by Ben Kahla and Mrad senseis I was equally impressed by their own personal sacrifices. With aikido in its infancy in Tunisia, one knows how difficult the road ahead can be nevertheless I am confident that the future will be a success for our North African brethren. As a footnote I would like once again to express on behalf of Vassilis and myself my warmest thanks to one and all . we look forward to meeting you – insaalah . Joe Curran , 6th Saku Mei Kan ( Newcastle ) , north east aikikai .
Articles sur le net : Le rôle de l'UKE en AIKIDO UKE, celui qui
chute dans la pratique d'AIKIDO , par opposition à TORI qui Qui n'a pas entendu sa mère
lui dire: «Fais attention à ne pas tomber, tu
L'AÏKIDO EST-IL UN ART MARTIAL ? l'Aïkido est-il un art martial ? Vieux refrain... Clairement, non ! Art martial, qui se rapporte à la guerre... Or l'Aïkido ( takemusuaiki ) se place dès l'origine hors de ce cadre. L'Aïkido est un art de paix et de protection, c'est ce que signifie "Takemusu" qui n'est pas sans évoquer le chevalier sans peur et sans reproche, protecteur de la veuve et de l'orphelin.... J'ai sans doute, l'âge venant, un peu tendance à me répéter mais l'Aïkido n'a aucun rapport avec la bagarre de rue et l'infinie discussion sur les armes et l'Aïkido, ou la place des armes dans l'Aïkido, n'a pas lieu d'être. Si sabre il y a, c'est celui de Manjushri, l'arme absolue qui tranche les liens de l'ignorance, sans pitié aucune, l'arme de la connaissance qui renvoie au néant l'obscurité engendrée par l'ignorance fondamentale, elle-même produit de nos désirs et de nos émotions refoulés et rendus sauvages plutôt que d'être explorés et domestiqués (au sens originel de faire partie de la maison). L'Aïkido est une voie héroïque certes, mais il n'est pas question d'y échanger des horions dans une arrière-salle de bar, mais bien d'aller bouter le feu de Prométhée dans les arrière-salles de notre être. Il ne s'agit plus de faire la guerre mais de vivre en guerrier. "Satsujin tô katsujin ken" Barcelone – déc. 2005 Faudrait jamais écrire, je le savais! un petit édito.... ! Et voilà ! Faut que je m'explique ! Que j'en rajoute ! Je vais encore écrire des trucs qui vont foutre la panique dans les forums.... Faire une embolie du curriculum vitae ! Je voulais juste faire plaisir... Écrire des évidences… Que Morihei Ueshiba ait enseigné avant-guerre la technique de la baïonnette aux Académies de Police, de l’armée de terre, Académie Navale et écoles d’espionnage, hauts lieux du militarofascisme japonais, n’est un secret pour personne… Que le même ait enseigné après guerre que l'Aïkido est Amour, protection de la vie, joie et paix universelle non plus… Que l’Aïkijutsu première version soit un art martial, je n’en doute pas… Je ne suis pas un compliqué, Omotokyo, je n’y comprends rien, quant au Kotodama, il est peut-être préférable que je conserve mes opinions par dévers moi… Vivre en guerrier (pas faire la guerre !), ça a rameuté les souvenirs de mai 68 ? Pas fait la guerre ? Aucun regret ! Mon pote Sam, lui... au service plus ou moins officiel de sa gracieuse Majesté... beaucoup de travail, à la main, aux Malouines et ailleurs...Il n'en confondait pas pour autant l'Aïki et la guerre... Au contraire ! Il avait ses fantômes... pas moi. Paix à son âme ! J'ai vu, il y a peu, un reportage à la télé sur la Légion Étrangère. Il y avait un Japonais qui était venu s'engager là pour faire la guerre... Il avait raison, la guerre, il y a des spécialistes pour cela, des vrais, ils ne jouent pas avec des sabres en bois... Celui-là voulait être samuraï des temps modernes, il était parti du Japon direction Légion, chez les pros, il était sérieux... Je ne suis pas violemment pacifiste, mais je n'aime pas la guerre, je suis d'accord avec Sun Tzeu : « Le meilleur général n'a pas besoin de faire la guerre. » Et j'admire un seul militaire : Un général de parachutistes Russe, Lebed, qui a su en arrêter deux sans combattre... On l'a assassiné plus tard... Pour la petite histoire, ses gardes du corps faisaient de l'aïkido... Alors ! Vivre en guerrier ? Pour commencer un guerrier n'est pas nécessairement un militaire ou un soldat... Il n'est guère utile de se déguiser en samuraï ou de dormir avec son sabre... Pour moi qui, n'étant pas la réincarnation de Morihei Ueshiba, ne peux parler en son nom, il s'agit d'une voie, d'un processus d'évolution de l'homme vers un degré plus affiné de l'être. La voie du guerrier est une voie périlleuse, non parce qu'on risque d'y périr fauché par une pluie de balles dans un geste héroïque immortalisé par les photographes mais, tout simplement, parce que les échecs spirituels y sont nombreux et que les abords de la voie sont jonchés de laissés pour compte..... Cette voie, comme toute les autres, est marquée par de grandes étapes que je voudrais maintenant essayer de décrire. La forteresse (paranoïa I) La 5e colonne (paranoïa II) Le cul dans l'herbe tendre... et rythmée par le Syndrome du Désert des Tartares La forteresse correspond à une période de construction physique. Il faut construire le corps au moyen d'un entraînement rigoureux, accumuler les techniques. Fondations profondes, murs épais et solides, rien n'est laissé au hasard, chaque détail est élaboré en fonction de son intérêt défensif et de sa valeur stratégique. Gare aux châteaux de cartes ou de sable ! C'est, je crois, le sens de l'enseignement de Saïto senseï : construire sur des bases stables, saines et fortes. De nombreux élèves de Morihei Ueshiba l'ont quitté, comme Gozo Shioda du Yoshinkan, car ils ne voulaient (ou ne pouvaient) s'intéresser à autre chose. Il est tentant de s'attacher à un chef d'oeuvre de l'art militaire aussi soigneusement bâti. Allez donc voir le château de Salses ! Planification totale contre "l'autre" ! Il est évident que cette étape de fortification n'est pas et ne peut pas être une étape de libération, qu'elle se construit contre le monde par prise de conscience de la dualité "moi/monde". L'adversaire, celui qui est en face, me saisit, m'attaque... Je me défends... Il n'y a pas moyen d'y échapper, quel que soit le discours. Ceci n'en est pas moins caractéristique de la paranoïa sous sa forme bénigne : le monde extérieur est agression. À ce niveau, même des tensions sont induites par le discours ambiant sur l'harmonie qui ne cadre pas et, cela est normal, avec des techniques qui fonctionnent de toute évidence en réaction à une attaque, un adversaire. Il ne peut en être autrement et prétendre le contraire est se mentir á soi-même. Il n'y a rien de plus idiot, ni de plus dangereux, pour tout développement futur. Le problème est plus grave encore pour les gens physiquement "doués" qui peuvent être amenés à croire qu'ils ont déjà atteint la maîtrise alors qu'ils en sont encore au maniement des armes. Cet aspect physique du travail est doublé, dès le premier jour, par un travail sur les émotions auquel on s'attarde moins car il est simplement moins visible, moins évident. La relation physique directe à l'autre, ou à la Terre, déclenche automatiquement des émotions puissantes et très profondes de peur, d'angoisse, d'agressivité, etc., que notre culture tend à occulter, ou pire sans doute, à considérer comme émotions négatives. Le simple fait d'être saisi et de ne pouvoir s'en sortir est anxiogène sinon, tout un chacun, sans entraînement préalable, pourrait rester décontracté sans être affecté par l'agression. Il en est de même des chutes... La Terre fait peur (et parfois mal) ! Pourtant un guerrier sans peur est un guerrier mort ! Il n'est rien de plus inutile, sauf pour remplir les cimetières militaires... La peur, l'agressivité etc. sont des émotions indispensables à la vie. La question, une fois de plus, est d'apprendre à les reconnaître, puis à travailler avec et non contre. La peur qui vous conseille de vous écarter du chemin d'un camion est bonne conseillère, celle qui vous incite à fermer les yeux pour ne plus le voir est assassine. Dans le premier cas il y a communication avec l'émotion, dans l'autre invasion, débordement, perte de contrôle et surtout de liberté, mais cela reste la même émotion fondamentale. Ce double travail physique et émotionnel est la nature même de la forteresse. Si tout se passe pour le mieux, un jour vient où l'on est amené à se poser la question : "Pourquoi faire ?" En effet, je crois la proportion de ceux qui ont été amenés à se servir de techniques d'aïkido dans leur vie quotidienne infime. (Je ne dispose d'aucune statistique...) Il est clair que l’enfermement ne nuit qu’à soi-même et qu’aucun ennemi assoiffé de sang ne mugit dans nos campagnes… C'est le syndrome du Désert des Tartares ! Le doute s’insinue, tout cela n’aurait-il servi à rien ? Ces beaux murs dont je suis si fier sont-ils inutiles ? Ma belle forteresse un monument absurde dressé contre le vide ? Ce questionnement en pousse beaucoup à l’abandon… Certains s'enferment résolument dans d'aveugles certitudes, d'autres, que le doute a miné plus profondément, se mettent à la recherche d'un nouvel ennemi... Si rien ne vient de l'extérieur, il faut bien qu'il y ait un ennemi à l'intérieur de ma belle forteresse, une cinquième colonne, un ennemi bien plus insidieux, dangereux, traître invisible ! Son nom est connu de tous : "Ego", la bête malfaisante... Et voici notre châtelain parti à la chasse à l’ego avec le même enthousiasme qu’il mettait à veiller aux Marches de l’empire… Le bougre est bien dissimulé, la forteresse regorge de cachettes, oubliettes, caves, souterrains, passages secrets, coins d’ombre… Là, pas de rutilante cavalerie, sons de trompes, vains rêves de gloire. Non ! Il faut ramper silencieusement dans la boue froide des galeries obscures… C’est une quête longue et pénible qui use la patience et qui correspond à une forme plus avancée de paranoïa, l’ennemi n’est plus seulement à l’extérieur, il est partout monde/moi, tout est ennemi, cette pression est énorme… Il est loisible de trier tous les grains de poussière, mais aucun ne dissimule l’ego… Avec le temps, le syndrome du désert des Tartares revient en force… Aucun ennemi extérieur ne s’est jamais manifesté, aucun ennemi intérieur ne se manifeste… Et le doute s’insinue, plus terrible, plus dévastateur. Le doute est comme une énigme à la croisée des chemins… Je ne peux quand même pas m’être trompé à ce point… Il faut que je continue à tout prix. L’attachement au moyen que représente la forteresse comme au travail accompli, au chemin parcouru à la chasse à l’ego, est un piège redoutable. Le danger est de s’enfermer soi-même et pour toujours, devenant tout à la fois son propre gardien et prisonnier. D’un autre côté s’ouvre la voie nihiliste de l’abandon… Mais si vraiment tout ceci ne servait à rien, ne menait à rien ? S’il n’y avait pas d’ennemi ? Si le monde n’était pas contre moi ? S’il n’y avait pas non plus d’ennemi intérieur ? Si l’ego n’était rien d’autre qu’une modalité d’expression de l’être, une autre forme d’émotion utile ou néfaste suivant l’usage qu’on en fait ? Si l’ego ne s’était transformé en ennemi que du fait de projections mentales fantasmatiques ? C’est alors que retentit un formidable éclat de rire… Démantelons les murs ! Allons profiter du soleil enfin revenu, un verre de vin à la main et le cul dans l’herbe tendre…, dans un monde apaisé. Le cycle du guerrier est accompli. Afin d’éviter d’avoir à y revenir, il me semble utile de préciser que ce processus n’est pas linéaire et que ces « étapes » n’en sont pas vraiment. La construction de la forteresse et la chasse à l’ego ne s’excluent pas et les deux se mélangent le plus souvent. Il n’en reste pas moins que le cheminement se fait en plongeant dans le monde et son activité, et non en prétendant à son inexistence ou en s’en retirant. N’oublions pas non plus qu’avant qu’un éclat de rire ne disperse l’ombre des murailles, l’ego a été longuement renforcé ; ce qui explique les comportements aux antipodes de « l’harmonie » que tous peuvent constater chez les pratiquants les plus avancés et, par là même, les plus exposés aux pièges de la Voie. Si l’on se retrouve un jour le cul dans l’herbe tendre, cela ne peut résulter que de l’expérience, et non du discours. Il s’agit de ma compréhension de l'Aïkido après quarante ans de pratique. Rien ne dit que demain je ne regretterai pas ce que j’ai laissé échapper ici… Si cette vision de l'Aïkido vous intéresse, je me permets de vous conseiller un petit livre : « Shambala » de Chögyam Trungpa (collection Points sagesse – Le Seuil), à mon avis la plus intéressante perspective sur le guerrier spirituel dans la société moderne. Je dirais le meilleur livre d’Aïkido que je connaisse Barcelone février 2006 Stéphane Benedetti
Le BUDO Cette interview de Pascal Krieger et Malcolm T. Shewan a été réalisée par Robert Faure au cours du stage des Iles en 1987 et a été publiée dans la revue « SOURCES – l’Aventure Intérieure » du mois de juillet de la même année.
R.F. Qu’est-ce que le Bushido ? Est-ce un nom japonais qui signifie une technique de combat, une philosophie, un art de vivre ? Tiki : C’est un terme qui a tendance à se vulgariser ici, en Occident. À l’origine, c’est essentiellement un code moral chevaleresque qui comprend des notions de devoir, de fidélité, de loyauté, d’effacement de soi-même au profit des autres. L’application de ces règles de vie n’a jamais été réduite à une activité particulière de la vie japonaise. Elles sont assez générales pour être employées à tous les secteurs de l’action. Un homme d’affaire japonais, une mère de famille, un artiste peut respecter un art de vivre. Le terme BUSHIDO est constitué de trois racines – BU : noblesse ; SHI : guerre ; DO : la voie. Il peut se traduire par : « la voie de la noblesse guerrière ». Le concept de Bushido n’a pas d’époque précise. L’apogée de l’influence de ce Code se situe au 12-13 siècle. Plus tard apparaissent les Samurai, serviteurs de la classe guerrière. Le Bushido n’est pas à confondre avec l’ensemble des techniques de combat issues du Japon, que l’on nomme BUDO. R.F. Que pensez-vous de la prolifération de Dojo, de salles d’Arts Martiaux, en Occident : des lieux de pratique reliés à un esprit de compétition, de performance, à un art de dépassement de nos complexes ? Tiki : La réponse se divise en deux. Tout d’abord, il y a un certain nombre de principes culturels, dans le Budo, qui viennent spécifiquement du Japon. Maintenant, ces vérités culturelles contiennent des valeurs proprement universelles. Où se trouve la plus grande fidélité ? Faut-il transmettre des valeurs culturelles liées à l’aventure japonaise ou faut-il tenter de transcender les questions de race, de culture, de société ? Toutes les méthodes ont un enracinement culturel très fort que l’on ne peut négliger. Mais il ne faut peut-être pas oublier que ces méthodes ont toutes une finalité. Pour moi, il est nécessaire de respecter la méthode dans la mesure où elle respecte l’être humain. Je ne pense pas que ce soit en mettant des tapis japonais chez soi et en mangeant du riz avec des baguettes que ça vous aidera dans la vie. Mais, inversement, si dans la pratique d’un art, d’une technique de combat, vous ne persistez pas, vous passez à côté d’éléments-supports indispensables, de principes de comportement, comme la concentration, le silence, les protocoles de combat… et vous avez ainsi laissé la porte ouverte à un changement de l’état d’esprit initial, avec les risques de dégradation que cela entraîne. Il faut toujours distinguer entre ce qui est phénomène social, culturel et les principes sousjacents des méthodes issues de telle ou telle culture, lesquels dépassent largement le concept de race ou de nation. Au niveau des Arts Martiaux, il faut conserver et préserver la méthode exacte, qui a fait ses preuves, sans en perdre la finalité. Pascal : Prenons un autre exemple : quelle est la vérité qui se cache derrière le Budo, l’étiquette, le salut,… ? C’est le respect : respect du lieu, respect de l’arme que l’on utilise. Nous essayons de faire passer ce principe universel à travers une méthode japonaise. La forme du salut est japonaise, mais le sens est universel et reste valable pour tout le monde. À la limite, les Japonais tendent eux-mêmes à oublier l’universalité de ces principes et pensent qu’ils sont quasi les seuls à développer ses qualités de noblesse, de respect, de courtoisie. R.F. Mais pourquoi, dans votre manière d’enseigner les Arts Martiaux, créer cet environnement qui peut paraître excessif. On entend des discours un peu crus sur l’art d’éliminer son adversaire ? Pascal : Oui, par exemple : « Si vous plantez comme ça votre sabre, vous ne pouvez pas le ressortir. », ou encore : « Même avec un bras, votre adversaire peut vous tuer. ». Dans ces détails qui font un peu charcuterie, il y a des notions très guerrières. Mais c’est l’emballage qui compte. On emballe ça dans une étiquette, un respect de l’autre, un travail sur soi-même. Si l’élève s’y refuse, il souffrira. C’est une ambiance de travail que l’on crée pour que ces notions qui sont un peu meurtrières ne passent pas du mauvais côté. Le respect de l’autre dans le combat, l’étiquette permet de canaliser l’énergie, sans débordement. R.F. Que pensez-vous de la prolifération des techniques martiales enseignées aujourd’hui ? Tiki : Il existe un obstacle dans la transmission des Arts Martiaux. C’est le mélange de diverses techniques. Quelqu’un qui pratique diverses disciplines est comme celui qui prend dans ses mains à la fois une pince, un marteau et un tournevis. Il ne fait rien de bon. Il faut poser l’un ou l’autre outil et n’en prendre qu’un. Ce mélange est un frein. Alors qu’une technique doit être abordée seule 8 à 10 000 fois avant d’être efficace. R.F. De quelle façon le Budo modifie votre vie quotidienne ? Tiki : Je prendrai un exemple. Il y a quelques années, j’étais toujours en retard, partout où j’allais. Un jour, j’ai réalisé, en faisant du Budo, que tout retard symbolise une mort. J’ai senti que la discipline que je pratiquais faisait partie du quotidien. Dès qu’un principe participe concrètement à notre vie consciente, il devient vivant. Mais c’est la répétition qui permet cette prise de conscience, peu à peu. R.F. Et votre pédagogie, comment l’appliquez-vous ? Pascal :Comme enseignants, nous sommes plutôt des catalyseurs, des synthétiseurs. J’ai un sentiment de fidélité par rapport aux vieux maîtres que j’ai connus. Tiki : … oui, et c’est aussi le temps qui fait l’apprentissage. L’expérience du temps est irremplaçable. J’aime voir quelqu’un, pas forcément doué, venir régulièrement à l’entraînement. Et puis le voir évoluer, peu à peu. Et au bout de dix ans, j’ai envie de lui parler et de lui dire : « Vous avez fait dix ans de travail, maintenant on va commencer à échanger autre chose. ». Pascal : Oui, cette notion d’entraînement (KEIKO) est quelque chose d’important chez les Japonais. KEI veut dire penser, se souvenir. KO signifie la Tradition. KEIKO : se remémorer le passé et demeurer fidèle à l’esprit de la tradition. Ceci suppose une complète adaptation aux conditions du moment. Qu’il fasse froid ou chaud, que ce soit le matin ou la nuit, accepter la situation présente telle qu’elle est. Tiki : De même le mot SENSEI ne veut pas dire « maître » ou « enseignant ». Mais il désigne « celui qui était là avant moi », donc, dans le temps, celui qui a parcouru davantage de chemin que moi débutant. R.F. Alors justement, quels sont, dans les grandes lignes, les différents stades d’apprentissage, jusqu’à la totale maturité ? Pascal : On peut décrire 4 stades principaux : GYO – SHUGYO – JUTSU – DO. Le stage GYO, c’est l’obéissance aux enseignements reçus, sans tenter de les interpréter. L’élève accepte d’être en situation de dense ignorance. Il n’y comprend rien, il ne sait pas du tout pourquoi on lui fait faire certains mouvements. Il n’a qu’un point de référence : celui de son maître. On lui demande à la fois de ne pas se poser de questions, de ne pas réfléchir, et de faire. C’est la phase d’apprentissage, qui, dans la conception japonaise, est beaucoup exigeante. Pour apprendre la flûte japonaise, par exemple, il faut consacrer 3 ans simplement pour arriver à bouger le cou de façon à produire la modulation d’un son. On se trouve ainsi, au bout de 3 ans, dans la situation où l’élève peut commencer vraiment à travailler. Il faut que le geste soit parfait. L’attitude mentale viendra après seulement. C’est en traversant cette phase d’apprentissage que l’élève sera en mesure, plus tard, de développer la souplesse d’esprit. Le deuxième stade – SHUGYO – est une mise en pratique des éléments appris. Les gestes sont techniquement au point, extérieurement. L’élève doit les intégrer, les faire siens, de façon à pouvoir se mettre en harmonie avec eux. Un peu comme un musicien qui, connaissant le solfège et les lois de l’harmonie, va pouvoir composer des morceaux à la fois rigoureux et harmonieux. Il crée de la musique en se mettant au service de la musique. Le troisième stade – JUTSU – est déjà un stade assez élevé et c’est probablement le plus dangereux. L’élève a pu canaliser toute son attention, son énergie, pour atteindre une certaine compétence, une certaine efficacité. Que lui reste-t-il à découvrir ? Lui-même. Il possède une somme importante de connaissances, mais il lui manque la liberté. À cause de ses compétences, il peut se tromper et tromper tout le monde. À ce stage, il fait un complet retour sur lui-même et est confronté à des vrais problèmes : la vanité de son savoir, la peur de vieillir, l’angoisse de s’être trompé de chemin. Il aura même envie de rejeter ce qu’il a appris. C’est pourtant à ce stade qu’il apprend la liberté de choisir. Le combat n’est plus dehors, mais dedans. Il mesure la force de ses véritables contraintes. Le quatrième stade – DO – est la voie réalisée. Je ne peux pas vous en parler, il n’y a pas de définition. Un maître pourra répondre, parfois, d’un geste… R.F. J’ai vu, pendant votre stage, une démonstration de sabre contre bâton. Quelles sont les qualités que vous cherchez à mettre en valeur dans ce type de combat ? Pascal : La façon dont vous posez la question est intéressante. Au premier stade, on dira : « le sabre contre le bâton ». Ensuite, on dira plutôt : « le sabre et le bâton ». Plus tard, peut-être, avec une vision moins dualiste, on dira : « le sabre avec le bâton ». En tant que pédagogue, on cherche à faire travailler l’élève de façon de plus en plus exigeante techniquement, mais toujours en harmonie avec lui-même, avec ce qu’il peut donner. On va le solliciter jusqu’à sa limite, sans jamais la dépasser. On va le pousser, comme j’aime à le dire, dans son pays inconnu, dans son « no man’s land » à lui. R.F. Il se dégage une impression de très grande force, une grande énergie, durant la pratique. Le Budo utilise directement les pulsions de violence, d’agressivité, ou il cherche à les réduire pour mieux les canaliser ? Pascal : Il ne faut pas oublier que le sabre a, symboliquement, un double tranchant : un tranchant vers l’autre, mais aussi un vers soi-même. Tiki : Oui, et la violence absolue, chez l’être humain, est intimement liée au problème, à la question de la mort. Donc, la pulsion de violence a une origine très lointaine, très profonde. Pour le pratiquant des arts de combat, il faut aller jusqu’au sabre qui donne la vie. De même dans la vie quotidienne, toute action a une base d’énergie. Lorsque celle-ci est mal connue, mal contrôlée, pulsionnelle, on dit qu’elle est plus ou moins violente. Mais au départ, c’est de l’énergie qui veut vivre à tout prix. Et il ne faut probablement pas la fuir, la nier ou en avoir peur. Il faut rentrer dedans avant de la transcender. Je raconte souvent cette histoire d’un braconnier que j’ai connu et qui chassait tant et plus de façon sauvage et illicite. Puis il a changé peu à peu son mode de voir la nature, il l’a aimée. Il est devenu gardechasse, un protecteur de la nature hors classe ! Rendez-vous compte, il connaît toutes les ficelles du métier, toutes les combines. La violence est une crise à passer. On voit parfois les pacifistes parler de la paix en douceur, et fuir la violence. Mais une paix qui ne prend pas en considération la violence n’est pas une vraie paix. R.F. Quelle est la raison d’être du cri (le KIAI) qui accompagne le geste dans le combat ? Pascal : Sur le plan physiologique, le kiaï met en relation les diverses parties musculaires du corps qui, au moment du geste d’attaque, est à son maximum de tension. Venant de la partie abdominale, il fait l’intermédiaire entre les muscles du haut et les | |||||